épître


épître

épître [ epitr ] n. f.
epistle fin XIIe; lat. epistola, gr. epistolê
1Lettre missive écrite par un auteur ancien. Épître de Cicéron.
Par ext. Iron. lettre; épistolaire. « il répondait à toutes les babillardes de ses amoureuses, leur écrivant des longues épîtres » (Cendrars).
2Spécialt Les épîtres des Apôtres : lettres écrites par les Apôtres aux premières communautés chrétiennes et insérées dans le Nouveau Testament. Épîtres de saint Paul aux Corinthiens.
3(XVIe) Lettre en vers. Les Épîtres de Marot. Épître dédicatoire, liminaire, mise en tête d'un livre. ⇒ dédicace.

épître nom féminin (latin epistola, du grec epistolê, lettre) Lettre écrite par un auteur ancien, lettre en vers sur un sujet moral, philosophique, etc. Littéraire. Lettre : Écrire une longue épître à ses parents. Texte emprunté aux Épîtres des Apôtres, à l'Apocalypse, qui se lit ou se chante à la messe avant l'Évangile. ● épître (difficultés) nom féminin (latin epistola, du grec epistolê, lettre) Orthographe Avec un accent circonflexe sur le i (contrairement à chapitre, pupitre, pitre). Remarque L'accent circonflexe représente le s du latin epistola, missive, dont épître est issu. On retrouve ce s dans épistolaire et épistolier, empruntés tardivement au latin. Genre Féminin : une épître.

épître
n. f.
d1./d Lettre missive, chez les Anciens. Les épîtres de Cicéron.
d2./d Par ext., plaisant J'ai reçu une longue épître de mes parents.
d3./d LITTER Pièce de vers adressée à qqn en personne, comme une lettre. Horace, Ovide, Marot, La Fontaine et Voltaire ont écrit des épîtres.
|| épître dédicatoire, pour dédier une oeuvre à qqn.
d4./d LITURG CHRET Texte du Nouveau Testament lu ou chanté à la messe, un peu avant l'évangile. Chanter l'épître.

⇒ÉPÎTRE, subst. fém.
A.— Lettre missive, en prose, écrite par un auteur ancien. Épîtres de Cicéron (Ac. 1798-1932).
P. ext., fam. Lettre généralement assez longue. Je lui ai écrit aussi une assez longue épître, pour le prier de soutenir vivement ma cause (RIVIÈRE, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1905, p. 38) :
Dans ma dernière lettre, je vous disais que j'avais reçu une longue lettre de notre ami Thun, que cette épître arrivée par une voie détournée était remplie de choses confidentielles auxquelles je ne puis répondre par la poste sans compromettre mon correspondant, attendu que les conservateurs allemands ont l'habitude d'ouvrir les lettres...
TOCQUEVILLE, Corresp. [avec Reeve], 1838, p. 41.
B.— P. ext. Genre littéraire en vers traitant de sujets variés (littéraires, moraux, religieux, etc.) à la manière d'une lettre, avec parfois une pointe badine ou satirique. Épîtres de Boileau. J'ai l'habitude de lire quelque ode ou quelque épître de mon Horace avant de me coucher (JOUY, Hermite, t. 5, 1814, p. 57). Le vers léger, le vers des épîtres de Voltaire (FLAUB., Corresp., 1846, p. 356).
C.— EXÉGÈSE et LITURG.
1. Lettre missive, en prose, écrite par un apôtre ou un père apostolique et destinée à une communauté chrétienne ou parfois à un particulier. Épître aux Romains, aux Corinthiens, aux Éphésiens, aux Hébreux; épîtres catholiques. Il faut que je revienne (...) aux divines écritures, surtout à l'évangile et aux épîtres apostoliques (DUPANLOUP, Journal, 1851-76, p. 82). Les épîtres de saint Paul sont antérieures aux évangiles (GREEN, Journal, 1937, p. 105).
2. P. ext. et p. méton.
a) [Dans la liturg. antérieure au Concile de Vatican II] Passage de l'Ancien ou du Nouveau Testament et, le plus fréquemment, d'une Épître du Nouveau Testament, lu ou chanté à la messe ou début de la liturgie de la parole. Synon. récent première, deuxième lecture. L'épître qu'on chantait ce jour-là à la messe et qui était tirée de la fin du dixième chapitre des Proverbes (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, 1842, p. 28).
[Avec un compl. de nom désignant :]
♦ [le passage qui est lu] Je viens de lire l'épître de l'enfant ressuscité par Élisée (E. DE GUÉRIN, Journal, 1838, p. 178).
♦ [le jour, la fête où cette lecture est faite] L'épître et l'évangile du dimanche de Quasimodo (DU BOS, Journal, 1928, p. 84). L'épître de l'Immaculée Conception (CLAUDEL, Poète regarde Croix, 1938, p. 94).
b) Vieilli. Moment où l'épître est lue ou chantée. Il est bien en retard, il arrive à l'épître (BALZAC, Mais. Nucingen, 1838, p. 619).
c) Côté de l'épître. Côté droit, vu des fidèles, de l'autel, du chœur où est faite cette lecture. M. Lestrange occupait la première stalle du côté de l'épître (BILLY, Introïbo, 1939, p. 109).
Rem. On rencontre ds la docum. a) Épistole, subst. fém., vieilli et fam. Lettre adressée à quelqu'un. Synon. pop. bafouille. Pierre [] m'écrivit déjà la plus charmante, la plus intime épistole (VALÉRY, Corresp. [avec Gide], 1890-1942, p. 133). b) Épistolographe, subst. masc., vx. Écrivain de l'Antiquité ayant composé des épîtres. Les épistolographes grecs, latins (Ac. 1835, 1878). c) Épistolographie, subst. fém., vx. Art d'écrire des épîtres. Pour éviter les fraudes nombreuses auxquelles donnaient lieu (...) les conditions matérielles de l'épistolographie antique, Paul avait coutume d'envoyer aux Églises un spécimen de son écriture (RENAN, St-Paul, 1869, p. 233).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Fait partie des 3 mots en [-] qui prennent un accent circonflexe : belître, épître, huître. Comparez avec chapitre, mitre, pupitre, etc. (cf. Ortho-vert 1966, p. 225). Étymol. et Hist. 1. 1174-76 epistles « lettre missive » (G. DE PONT-SAINTE-MAXENCE, Vie de Saint Thomas, éd. E. Walberg, 2847); 2. fin du XIIe s. apistles spéc., relig. désigne les épîtres de Saint Paul (Sermons de Saint Grégoire sur Ezechiel, 83, 24 ds T.-L.); 3. 1518-19 genre littéraire (C. MAROT, Petite Epistre au Roy ds Epîtres, éd. C. A. Mayer, p. 97). Du lat. class. epistola, epistula « lettre missive, épître en vers », sens 2 en lat. chrét., empr. au gr. « lettre, message écrit ». Fréq. abs. littér. :538. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 737, b) 1 341; XXe s. : a) 664, b) 540.

épître [epitʀ] n. f.
ÉTYM. V. 1190, épistre; du lat. epistola « lettre ». → Épistolaire, épistole.
1 Didact. ou littér. Chez les anciens, Lettre missive. || Les épîtres familières de Cicéron. || Épîtres de saint Paul aux Corinthiens.
1 Dans toutes leurs épîtres, les apôtres ne nous prêchent que la fuite du monde (…)
Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 91.
Lettre, épistole. || Il m'a envoyé une longue épître.
2 (…) un poulet ni chair ni poisson, marmiteux et emphatique comme était ma première épître (…)
Huysmans, Là-bas, p. 91.
2 Hist. littér. Lettre en vers. || Les Héroïdes, épîtres d'Ovide. || Épîtres d'Horace. || L'épître devint un genre littéraire au XVIe siècle avec Marot. || Les Épîtres de Boileau, de Voltaire. || Épître dédicatoire (cit. 1 et 2), liminaire, mise en tête d'un livre. Dédicace, envoi.
3 Quant aux épîtres, ce n'est un poème qui puisse grandement enrichir notre vulgaire, pour ce qu'elles sont volontiers de choses familières et domestiques, si tu ne les voulais (à moins que tu ne veuilles) faire à l'imitation d'élégies, comme Ovide, ou sentencieuses et graves, comme Horace.
Du Bellay, Défense et Illustration de la langue franç., II, IV.
4 De là vint cet amas d'ouvrages mercenaires, Stances, odes, sonnets, épîtres liminaires (…)
Boileau, Épîtres, IX.
5 Un auteur qui avait trois épîtres toutes prêtes pour un même livre, pour trois personnes fort différentes en condition et en mérite, ayant résolu d'employer celle dont il pourrait tirer le plus d'utilité (…)
Mlle de Scudéry, les Conversations, Dial., in Littré.
3 (1690). Liturgie cathol. Leçon, généralement tirée des épîtres (1.) des Apôtres, qui se dit immédiatement après la collecte. || La messe en est à l'épître.Le côté de l'épître : le côté droit de l'autel, en entrant dans le chœur.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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